Bornéo - Sabah
Au nord de Bornéo, le Sabah réunit faune emblématique, forêt primaire de Danum Valley, ascension du Kinabalu à 4095 mètres et récifs de Sipadan.
Le Sabah occupe la pointe nord de Bornéo, troisième plus grande île du monde, partagée entre la Malaisie, l'Indonésie et le sultanat de Brunei. L'État couvre 73 000 km² de forêt tropicale, de chaînes montagneuses et de littoraux coralliens, avec Kota Kinabalu comme capitale et porte d'entrée. Le vol direct depuis Kuala Lumpur dure deux heures quarante, ce qui rend la région accessible malgré son éloignement géographique. Notre équipe organise la plupart des circuits autour de trois pôles : Sepilok à l'est, la Kinabatangan au cœur de la jungle, et l'archipel de Semporna au sud-est.
La géographie du Sabah se lit en trois bandes. À l'ouest, une plaine côtière étroite remonte vers le massif du Crocker, qui culmine au mont Kinabalu à 4095 mètres, sommet granitique habité par des espèces endémiques comme la pitcher plant Nepenthes rajah. Au centre, des collines couvertes de forêt primaire et secondaire, traversées par des fleuves boueux dont la Kinabatangan, longue de 560 kilomètres. À l'est, une côte découpée donne sur la mer de Sulu et ses récifs, notamment ceux de Sipadan, Mabul et Kapalai, classés parmi les sites de plongée les plus poissonneux d'Asie du Sud-Est.
Le Sabah compte une trentaine de groupes ethniques. Les Kadazan-Dusun forment la communauté la plus nombreuse, traditionnellement riziculteurs des contreforts du Crocker, qui célèbrent chaque année en mai la fête Kaamatan, dédiée aux récoltes. Les Bajau, surnommés les nomades de la mer, vivent en partie sur pilotis ou sur leurs lepa-lepa dans la région de Semporna. Les Murut, anciens chasseurs de têtes du sud, et les communautés sino-malaises de Sandakan complètent un paysage humain qui n'a rien à voir avec la Malaisie péninsulaire. La cuisine reflète ce métissage : hinava (poisson cru mariné au calamansi), tuhau (gingembre sauvage râpé), nouilles tuaran sautées au wok.
L'attrait principal du Sabah reste sa faune. Sepilok abrite deux centres de réhabilitation, l'un pour les orangs-outans, l'autre pour les ours malais, espèces toutes deux menacées par la déforestation liée à l'huile de palme. La Kinabatangan, dont les berges ont été préservées en corridor faunique, concentre nasiques, éléphants pygmées de Bornéo, calaos rhinocéros et crocodiles d'estuaire. Les sorties en bateau au lever et au coucher du soleil offrent les meilleures observations. Plus au sud, la réserve de Danum Valley protège 438 km² de forêt primaire jamais exploitée, accessible depuis Lahad Datu après trois heures de piste.
Côté mer, l'archipel de Semporna concentre une dizaine d'îles dans un rayon d'une heure de bateau. Sipadan, seule île océanique de Malaisie, exige un permis quotidien limité à 178 plongeurs. Mabul et Kapalai conviennent aux moins certifiés et permettent de croiser tortues vertes, bancs de barracudas et, entre mars et mai, des requins-baleines de passage. Pour qui ne plonge pas, le snorkeling dans le parc marin de Tun Sakaran reste accessible et productif.
L'économie du Sabah repose encore largement sur l'huile de palme, dont les plantations couvrent près de 1,5 million d'hectares, et sur le tourisme, qui a remplacé l'exploitation forestière intensive des années 1980-1990. Cette transition explique l'engagement local pour l'écotourisme : la plupart des lodges de la Kinabatangan, où nous travaillons, reversent une partie de leurs revenus à la protection des corridors forestiers et emploient des guides issus des villages riverains comme Sukau ou Bilit.
À découvrir
Croisière fluviale sur la Kinabatangan. Deux jours minimum à Sukau ou Bilit, sorties en bateau à l'aube pour observer nasiques mâles à proboscis et éléphants pygmées venus boire. La forêt-galerie résonne des appels de calaos en fin de journée.
Ascension du mont Kinabalu. Deux jours d'ascension, permis obligatoire et nombre de grimpeurs limité à 135 par jour. Nuit au refuge de Laban Rata à 3270 mètres, départ vers le sommet à 2h du matin pour atteindre Low's Peak au lever du soleil.
Centre de Sepilok et forêt de Kabili. Réhabilitation des orangs-outans nés en captivité ou orphelins. La passerelle de canopée du Rainforest Discovery Centre voisin permet de croiser écureuils volants et oiseaux des cimes en autonomie.
Plongée à Sipadan, Mabul, Kapalai. Tombants verticaux à 600 mètres, bancs de carangues en spirale au Barracuda Point, raies-mantas et requins-marteaux selon la saison. Base sur Mabul ou Semporna, 178 permis Sipadan par jour.
Forêt primaire de Danum Valley. Une des dernières forêts vierges d'Asie du Sud-Est, accessible uniquement par lodge agréé. Marches de nuit pour observer loris paresseux et civettes, traces fraîches d'éléphants sur les pistes.
Quand y aller
La meilleure période pour visiter le Sabah s'étend de mars à octobre, avec une fenêtre optimale d'avril à septembre. Les températures restent stables toute l'année entre 26 et 32°C en plaine, et descendent à 6-10°C la nuit au refuge de Laban Rata sur le Kinabalu. La saison des pluies court de novembre à février, avec des averses quotidiennes en fin de journée et des cumuls pouvant dépasser 400 mm en décembre sur la côte est. Les pistes vers Danum Valley deviennent alors difficiles, et certaines sorties en bateau sur la Kinabatangan sont annulées en cas de crue.
Pour la plongée à Sipadan, la mer est la plus claire d'avril à juin, avec une visibilité dépassant souvent 30 mètres. Les requins-baleines transitent entre mars et mai. La fête Kaamatan se tient les 30 et 31 mai dans les villages kadazan-dusun de l'ouest, occasion de croiser danses sumazau et concours de bouffardes à l'eau-de-vie de riz tapai.
Conseils pratiques
Nous recommandons sept jours minimum pour combiner faune et mer, dix jours pour ajouter l'ascension du Kinabalu ou un passage à Danum Valley. L'aéroport de Kota Kinabalu accueille les vols internationaux et domestiques, et celui de Sandakan dessert directement Sepilok et la Kinabatangan en évitant huit heures de route. Les trajets internes se font en vols courts (45 minutes Kota Kinabalu-Sandakan), en 4x4 sur les pistes de l'intérieur, et en bateau pour les îles.
Le Sabah se combine bien avec le Sarawak voisin pour qui veut approfondir Bornéo, ou en seconde semaine après Kuala Lumpur et Penang pour un premier voyage en Malaisie. Le confort va du lodge rustique sur la Kinabatangan, où l'électricité s'éteint à 22h, au resort de plage à Mabul. La région convient aux familles avec enfants à partir de 8 ans, aux amateurs de faune et aux plongeurs. Les randonneurs trouveront leur compte sur le Kinabalu et dans les sentiers de Crocker Range. Notre équipe déconseille le Sabah aux voyageurs cherchant des sites archéologiques ou patrimoniaux : la richesse ici est vivante, forestière et marine.











